Anton Webern ( 1883 -- 1945 )
"Moine obscur oeuvrant dans le silence" : Pierre
Boulez
Il commence ses études musicales avec sa mère,
pianiste amateur, puis étudie le piano, le violoncelle et la
théorie avec Edwin Komauer.
1902-06 Etudes de philosophie et de musicologie à
l'université deVienne, où il est l'élève
de Guido Adler. Il y termine sa thèse de doctorat en 1906 (sur
le Choralis Constantinus d'Isaac) et manifeste son
intérêt pour la polyphonie ancienne et ses jeux
d'écriture. Il commence à composer, sans doute sous
l'influence de Wagner.
1904 Rencontre décisive avec Arnold Schönberg
dont il devient le premier et le plus dévoué disciple.
Leur association, à laquelle se joindra Alban Berg, sera
à l'origine de la seconde Ecole de Vienne.
1908 Webern exerce des activités de chef
d'orchestre à Vienne et en Allemagne (jusqu'en 1914) ; dans le
répertoire qu'il défend figure la musique viennoise,
notamment celle de Mahler dont il est un grand admirateur ; il
compose sa Passacaille op 1 pour orchestre, œuvre nettement tonale et
un bref chœur a cappella Entflieht auf leichten Kähnen op 2.
1909 Lieder pour soprano et piano op 3 et 4 sur des
poèmes de Stefan George ; Cinq mouvements pour quatuor
à cordes op 5, d'un charme expressionniste ainsi que dans les
Six Pièces pour orchestre op 6, qui sont sa seule œuvre pour
grande formation.
1911 Il épouse Minna, une cousine, dont il aura 3
filles et un fils, qui mourra sur le front russe.
1913-14 S'ouvre la période des œuvres
ultra-courtes : avec les Six Bagatelles pour quatuor à cordes
op 9, les Cinq Pièces pour orchestre op 10 et les Trois
Petites Pièces pour violoncelle et piano op 11, on peut parler
d'un impressionnisme de la concision ; quant aux Cinq Pièces
pour orchestre op 10 (durée de 6 minutes environ), elles sont
un sommet du Webern présériel.
1917-21 Webern renonce à l'accompagnement
pianistique pour employer soit un petit ensemble, soit la clarinette
solo qu'il affectionne : ses Six Lieder op 14 en sont la preuve.
1924 Il va diriger pendant 10 ans un orchestre et un
chœur populaires, et compose son opus 17, Trois Hymnes traditionnels,
œuvre qui marque la première utilisation de la technique
dodécaphonique sérielle.
1925 Il est édité chez Universal.
1927 Chef d'orchestre à la Radio autrichienne
qu'il dirigera jusqu'en 1938.
1928 Grande période classique avec la Symphonie op 21.
1934 Concerto op 24 pour 9 instruments,
célèbre pour sa série " à transpositions limitées ".
1936-38 La montée du nazisme bouleverse sa vie (sa
musique fait partie de " l'art dégénéré
"), Schönberg s'est exilé, Berg meurt en 1935 : ainsi
Webern reste seul, perdant aussi ses fonctions. Il compose les
Variations pour piano op 27, aussi peu virtuoses que possible, dans
lesquelles le timbre instrumental prend toute son importance.
1939-43 Cantates op 29 et 31 où apparaissent des
complexes sonores moins dénudés et où l'œuvre
retrouve une certaine épaisseur, une certaine durée.
1945 A Mittersill (Webern s'y est réfugié
à la fin de la guerre), un soldat américain le tue d'un
coup de feu alors qu'il venait de sortir de la résidence de
son gendre pour fumer une cigarette, malgré le couvre-feu.
Webern, contrairement aux deux autres Viennois, a rompu avec un
certain romantisme pour promouvoir une musique objective
caractérisée par un amour de la discrétion
sonore, un culte des formes très concises. C'est lui qui a
consommé le plus radicalement la rupture avec la
tonalité et qui a poussé le plus loin la recherche sur
les " mélodies de timbre ".
BIBLIOGRAPHIE
H.L. MATTER : Anton Webern, éd L'Age d'Homme
H. MOLDENHAUER : Anton von Webern, éd Gollancz (en anglais)
C. ROSTAND : Anton Webern, éd Seghers
SOURCES
Larousse de la Musique
Dictionnaire biographique des musiciens Baker-Slonimsky, éd
Laffont
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