Alban Berg ( 1885 -- 1935 )
"Celui qui voudrait croire que c'est
seulement la reconnaissance et l'amitié qui
m'incitent à exprimer mon admiration, que
celui-là n'oublie pas que je sais lire la musique,
qu'à travers des sons..., j'ai pu me faire une
idée du talent déployé... Salut
à toi, Alban Berg !
" Arnold Schönberg
Dans son enfance, il joue du piano
et compose des mélodies sans avoir reçu
d'éducation musicale formelle, il se passionne pour
la littérature.
1904-1910 Il devient le disciple de Schönberg
à qui il doit toute sa formation musicale. Avec Anton
Webern, ils sont à l'origine d'un mouvement
créateur essentiel : la nouvelle Ecole de Vienne.
Durant cette période, il compose 7 frühe Lieder (mélodies de jeunesse).
La période atonale (1907-1914)
1907-1908 Première œuvre importante, la
sonate pour piano op
1.
1910-1914 Quatuor
à cordes op 3 dans
lequel on peut déjà parler de suspension de la
tonalité, 5 Lieder
avec orchestre sur des textes d'Altenberg op
4, 4 pièces pour
clarinette et piano op 5
(un des seuls rares essais dans la forme brève),
3 pièces pour orchestre op
6, toutes ces œuvres
reflétant l'influence du romantisme de Wagner, Hugo
Wolf et Mahler. Berg est désormais en possession de
tous ses moyens de compositeur.
Achèvement, synthèse et nouveau départ : Wozzeck
(1914-1921)
1914 Berg voit la pièce de Büchner
à Vienne et décide d'en faire le sujet de son
opéra. Wozzeck
sera achevé en 1921 et créé à
l'Opéra de Berlin en 1925 (création qui
souleva une tempête de protestations et de
critiques...), synthèse ingénieuse des formes
classiques et des techniques nouvelles notamment dans
l'utilisation de la voix.
La période dodécaphonique (1923-1935)
1923-1926 Concert
de chambre et
suite lyrique pour quatuor
à cordes où
coexistent la composition libre et le système
dodécaphonique.
1925 Berg devient membre de la nouvelle
Société Internationale de Musique
Contemporaine (SIMC) qui poursuit la promotion des
idées musicales nouvelles.
1927 Il est délivré de tout
souci matériel grâce à un contrat
signé avec Universal Edition.
1928-1935 Il compose son 2ème opéra
Lulu qui restera inachevé (et dont
Friedrich Cerha terminera le 3ème acte), œuvre
pleinement dodécaphoniste (ainsi que der
Wein et le concerto pour violon), où il va encore plus loin en
découvrant les premières méthodes de
permutation de la série de 12 sons qui lui permettent
d'engendrer de nouvelles séries ; en 1929 il
écrit der
Wein, d'après des
poèmes de Baudelaire.
1935 Ultime œuvre dodécaphoniste, le
concerto pour violon " A la
mémoire d'un
ange ", dont le titre évoque la mort de la
jeune Manon, fille de Walter Gropius et d'Alma Mahler, tente
de réconcilier l'ancien et le nouveau langage (œuvre
tendue, passionnée, expressionniste).
Durant la nuit de Noël, une septicémie emporte Alban Berg.
L'homme a laissé le souvenir
de quelqu'un de particulièrement attachant :
doué d'une vaste culture, d'une grande
affabilité de manières, d'une ouverture
d'esprit et d'une fidélité rayonnante dans ses
amitiés (notamment celle pour Webern), Berg fut
également un professeur très aimé de
ses élèves (Rufer, Polnauer, Reich,
Adorno).
Les adversaires de la
méthode dodécaphonique et de la pensée
sérielle ont toujours admis Berg à cause de
son côté postromantique ou expressionniste
(Wozzeck en serait d'ailleurs l'aboutissement), mais
la prééminence de l'expression laisse aussi la
place à une nouvelle architecture et à un
nouveau mode de développement des cellules
thématiques qui annoncent les musiciens de notre
époque (Boulez, Barraqué...).
BIBLIOGRAPHIE
D. JAMEUX : Berg,
éd du Seuil
E. BARILIER : Alban Berg,
éd L'Age d'homme
M. CARNER : Alban Berg,
éd Lattès
T. ADORNO : Alban Berg, le maître de la transition
infime, éd
Gallimard
SOURCES
Larousse de la Musique
Dictionnaire biographique des musiciens de Baker-Slonimsky, éd Laffont
D. Jameux : Alban Berg (Musique de notre temps)
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