Marie-Joseph Canteloube ( 879 -- )
Surnommé
" le barde
d'Auvergne ", CANTELOUBE, musicien régionaliste par
excellence, puise son inspiration dans l'univers sonore de
l'Auvergne auprès de ses amis les paysans :
" les chants paysans
s'élèvent bien souvent au niveau de l'art le
plus pur, par le sentiment et l'expression, sinon par la
forme ".
C'est à Malaret,
en Auvergne du Sud, que le jeune CANTELOUBE grandit au
contact de la nature et des animaux ; une mini
ménagerie qui interpelle déjà ses
délicates oreilles de musicien : " J'ai le souvenir, à Malaret,
de six ou sept chiens et d'autant de paons. La nuit, le
moindre bruit déchaînait un vacarme peu
ordinaire ". Certes,
CANTELOUBE ne composa aucun Concerto pour chiens et paons,
mais l'univers sonore de la campagne l'amena très
tôt à la création musicale :
" Je commençais
à courir fermes et villages pour écouter les
chansons des paysans, faisant chanter les vieux et les
vieilles, les pâtres et les bergères aux
pâturages, les laboureurs et les moissonneurs au
travail ".
Au début des
années 1900,
CANTELOUBE abandonne veaux, vaches, cochons et poulets pour
étudier le piano, à Paris, avec Amélie
DAETZER, élève de CHOPIN, ainsi que la
composition avec Vincent d'INDY à la Schola
Cantorum : " Quelle fière leçon donne l'art
d'un Vincent D'INDY, à la fois pour le fond, c'est
à dire la pensée, et pour la forme ! Cet
art est si grand, si puissant et si vivant qu'aucun autre ne
peut être aussi sain ni aussi
salutaire ". Avec son
maître D'INDY, CANTELOUBE s'attache à la
tradition et à la mélodie.
La première composition de
CANTELOUBE date de 1903 avec
COLLOQUE
SENTIMENTAL, pour chant et
quatuor à cordes.
Très vite, il devient un compositeur reconnu et ses
œuvres sont exécutées aux fameux Concerts
Colonne, Lamoureux, Pasdeloup ainsi qu'à la
Société des Concerts du Conservatoire. Entre
1910 et 1913, il compose son célèbre
opéra LE MAS,
témoignage de son
attachement au Massif Central. Parmi ses œuvres les plus
réputées, viennent ensuite ses CHANTS D'AUVERGNE, composés entre 1923 et 1954. Ansi que son ANTHOLOGIE DES CHANTS
POPULAIRES FRANÇAIS (1939
à 1944).
L'Auvergne et ses auvergnats
à Paris, c'est encore CANTELOUBE qui, en
1925, fonde LA
BOURREE, une filiale de
l'Auvergnat de Paris.
Cet organisme réunit
de jeunes auvergnats, désireux de faire
connaître le folklore et la beauté de leur
région.
En 1941, notre
" barde " innocent rejoint le gouvernement de
PETAIN à Vichy. Il écrit dans le journal
nationaliste l'Action Française :
" Il faut aux chants de
la terre leur décor, leur cadre, leur accompagnement
de nature, de plein air… ". Lors de son séjour champêtre
à Vichy, CANTELOUBE participe à de nombreuses
émissions radiophoniques sur le folklore
français. La radio lui semble être le cheval de
bataille idéal pour la diffusion de la musique
populaire : " son
action intellectuelle est indéniable…Mais pour
qu'elle puisse remplir toute sa mission, la radio devrait
être purgée de la basse musique… Le public n'en
serait pas privé ; son goût se forme et
s'élève vite ".
Parallèlement
à sa carrière de compositeur,
il recueille, harmonise et publie bon nombre de
chants traditionnels français. Musicologue averti, il
publie en 1949 une
biographie de Vincent d'INDY ; et en 1950, une
biographie de son ami Déodat de SEVERAC.
" Je n'ai jamais
cherché à faire de la musicologie à bon
compte, mais simplement œuvre de cœur, œuvre de musicien
désirant exalter et faire connaître ce qu'il
aime ".
Passionné
peut-être parfois à l'excès, il n'en
reste pas moins que CANTELOUBE reste avant tout un musicien
profond, vrai et sincère, à l'image de cette
Auvergne qu'il aimait tant…
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