George Gershwin ( -- )
Dés l'âge
de seize ans, il est engagé par un magasin de musique
(le magasin de l'éditeur Remick) en qualité de
"pianiste-démonstrateur", emploi consistant à
jouer pour la clientèle tous les airs nouveaux aussi
bien que n'importe quelle partition en vente dans le
magasin. Ce travail harassant (dix heures par jour devant le
clavier) lui permet cependant de découvrir et
d'assimiler tous les nouveaux rythmes à la mode ainsi
que le Jazz naissant.
Très vite,
Gershwin se met lui-même à composer des
chansons; et, dès 1919, ses dons de créateur
vont se trouver sollicités pour un petit spectacle,
Demi-Tasse
Revue, qui enchante le
public de Broadway. On salue la qualité musicale des
chansons, tant pour la souplesse des mélodies que
pour l'irrésistible impulsion rythmique qu'elles
dégagent; une chanson de ce "Musical" connaît
d'ailleurs une popularité immédiate :
Swanee.
De 1920 à 1924,
auréolé du succès de Swanee,
Gershwin est invité à participer aux fameuses
"Scandals Revues" de George White. Pour le spectacle de
1922, il compose le célèbre I'll Build a Stairway to
Paradise; chanson qui sera
reprise par Georges Guétary dans le film de Vincente
Minnelli : An American in Paris (M.G.M-1951)
Le nom de Gershwin est
désormais sur toutes les lèvres, aux
côtés de Jerome Kern, Vincent Youmans ou Irving
Berlin. Attentif à cette soudaine popularité,
Broadway sollicite Gershwin pour de nouvelles productions;
parmi celles-ci, il faut citer :
1924 Lady be
Good! (Livret d'Ira
Gershwin, frère de George)
L'oeuvre est
créée par le couple Astaire (Fred et sa soeur
Adele) qui noue à cette occasion de solides liens
d'amité avec Gershwin. Plusieurs chansons de ce
"Musical" feront le tour du monde : Lady be Good, Fascinatin'Rhythm, The
Man I Love.
1925 Tip-Toes. (Livret d'Ira Gershwin).Comédie
musicale à l'écriture très alerte,
très "jazz", et 000000en elle-même très
symbolique de ce que fut le style musical des années
20.
1926 Oh Kay! (Livret
d'Ira Gershwin, sur un scénario de P.G
Wodehouse).
1927 Funny Face (Livret d'Ira
Gershwin).
Créée
à l'Alvin Theater par Fred et Adele Astaire.
Une chanson de ce "Musical",
S'Wonderful, sera elle aussi reprise par Georges
Guétary et Gene Kelly dans le film "An American in
Paris".
1927 Strike Up the Band. (Livret d'Ira
Gershwin et George Kaufman).
Création
à Philadelphie (au Shubert Theater) le 5 septembre
1927.
Une version considérablement
remaniée de Strike Up
the Band sera
Créée à New-York, le 14 janvier
1930.
1930 Girl Crazy. (Livret d'Ira
Gershwin).
Créé
à l'Alvin Theater par Ginger Rogers (dont
c'était le deuxième spectacle à
Broadway), Ethel Merman (qui faisait , elle, ses
débuts à Broadway), et Allen Kearns.
Deux chansons de cette production,
en particulier, rencontreront une popularité immense
: I Got
Rhythm et But not for Me.
De l'aveu même de Gershwin,
I Got Rhythm
était de toutes ses
chansons sa préférée; il reprendra
d'ailleurs ce thème pour une oeuvre destinée
au concert et créée à Boston le 14
janvier 1934 : Variations
pour piano et orchestre sur I Got Rhythm.
1931 Of Thee I sing, (Livret
d'Ira Gershwin).
Première
comédie musicale à remporter le Prix
Pulitzer.
1933 Pardon my English. (Livret
d'Ira Gershwin).
Créé au
Majestic Theater.
Partition dans laquelle figure la
délicieuse chanson The Lorelei, probablement l'une de ses réussites
les plus incontestables.
Parallèlement
à ses productions pour Broadway, Gershwin compose
plusieurs partitions pour le concert.
En 1924, suite à
un amical défi lancé par Paul Whiteman, il
écrit la Rhapsody
in Blue, oeuvre pour
piano et orchestre narrant une déambulation nocturne
dans les rues de New-York. La création de cette
Rhapsody in Blue s'effectue devant un parterre prestigieux,
parmi lequel on remarque la présence de Sergueï
Rachmaninov, Igor Stravinsky, Mengelberg ou Stokowski, et
qui réserve à l'oeuvre un accueil triomphal.
Suivront le Concerto en
Fa pour piano
et orchestre (1925), An American in Paris, oeuvre pour orchestre suscitée par
les souvenirs d'un voyage effectué à Paris
(1928), Cuban
Overture
pour orchestre (1932), et
les Variations sur
I Got
Rhythm
déjà citées.
Le 30 septembre 1935,
est créé à Boston son seul et unique
opéra : Porgy and
Bess. (New-york
accueillera le spectacle, dès le 10 octobre, à
l'Alvin Theater, pour 124 représentations). Cet
opéra, sur un livret d'Ira Gershwin, est à ce
jour le seul opéra noir qui existe dans le
répertoire. C'est aussi la partition la plus
ambitieuse de Gershwin, celle qui représentait son
chef d'oeuvre à ses yeux, et pour l'écriture
de laquelle il fit de nombreux séjours à
Charleston (lieu où se situe l'action de Porgy) pour
s'imprégner de l'atmosphère des
communautés noires américaines.
Porgy and Bess
est assurément
l'oeuvre d'un compositeur parvenu à sa pleine
maturité, possédant une totale maîtrise
de ses moyens, mais qui, hélas pour le monde musical,
allait mourir moins de deux ans plus tard d'une tumeur au
cerveau.
Durant les deux dernières
années de sa vie, Gershwin, grâce à
l'amitié de Fred Astaire, fut appelé à
travailler pour Hollywood.
Deux films, fruits de cette
collaboration et produits par la R.K.O, virent le jour
:
-Shall We Dance (avec Fred Astaire et Ginger Rogers)
réalisé par Mark Sandrich.
-A Damsell in Distress (avec Fred Astaire et Joan Fontaine)
réalisé par George Stevens, sur un
scénario de P.G Wodehouse (déjà
partenaire des frères Gershwin pour Oh Kay!)
Bien que composées en 1936
et 1937, soit immédiatement après Porgy, les
musiques de ces deux films se situent dans une
esthétique très "Broadway" (assez proche de
Pardon my English),
avec une qualité d'écriture qui rendit
célèbres un certain nombre de chansons
:
Shall we Dance et I've Got
Beginner's Luck (Shall we
Dance);
A Foggy Day et Nice
Work if you can Get it (A
Damsell in Distress).
Le ballet de Shall we Dance, qui reprend et développe le
thème de la chanson, est sans conteste l'une des
pages les plus imaginatives que Gershwin ait
écrite.
Frappé d'une tumeur au
cerveau, Gershwin disparaît durant le tournage de
Damsell in
Distress à
l'âge de 38ans.
Profondément marqué
par la disparition de son frère, Ira Gershwin
poursuivra cependant son métier de librettiste et
parolier tant au sein de Broadway que de Hollywood.
Il collaborera notamment avec
Jerome Kern (Cover
Girl) et Kurt Weill
(Lady in the
Dark, partition
extrêmement raffinée, créée en
1941 à l'Alvin Theater, et dont la chanson
My ship constitue un véritable joyau)
Ira s'éteindra à
Beverly Hills en 1983.
Documentation
rédigée par Jean-Noël FERREL.
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