Pierre Henry ( -- )
1927 : Le 9 décembre, naissance à
Paris de Pierre HENRY. Il étudie la musique
dès l'âge de sept ans et passe son enfance en
bordure de la forêt de Sénart tout près
de Paris.
1937-1947 Il est élève au
Conservatoire National de Musique de Paris dans les classes
de Félix Passeronne (piano et percussions) , de Nadia
Boulanger (composition) et d'Olivier Messiaen
(harmonie).
1944 Premières compositions
instrumentales.
1945-1948 " 52
Dimanches noirs ", suite de
petites pièces pour piano qui ont en germe son œuvre
future.
1945-1951 Il mène une carrière de
musicien d'orchestre (piano et percussion). Il travaille
chez lui à chercher des sons " différents
",des associations de corps sonores mais, à
l'époque, il manque encore les moyens
techniques.
1947-1949 Pierre HENRY manipule déjà
le piano : ce sera la technique du piano
préparé qui consiste en une insertion d'objets
divers (tels que des tiges entières, des gros
poids...) entre les cordes et la caisse. Il effectue des
recherches sur une lutherie expérimentale qui sera
déterminante pour le futur.
1949 Il rejoint Pierre Schaeffer à la
Radiodiffusion Française dans les locaux du Studio
d'Essai de la rue de l'Université. Pour Pierre HENRY,
le son est le point de départ et non le point
d'arrivée, et à l'époque, certains
compositeurs de passage au studio de la rue de
l'Université ne comprirent rien à ce qui s'y
passait mais il y eût aussi des compositeurs tels que
Messiaen et Dutilleux, des peintres , des comédiens,
des écrivains, des cinéastes (Luis Bunuel ,
Jean Grémillon ,Alain Resnais , Jean Dubuffet...).
Pierre Henry composa des effets sonores pour le spectacle de
Boris Vian à la Rose rouge en 1951.
1950 Pierre HENRY et Pierre Schaeffer
composent la Symphonie
pour un seul homme seul qui utilise avant tout le piano
préparé avec des voix, un peu de souffle, des
bruits de bouche et des pas. Cette œuvre s'impose tout de
suite comme un événement .
Son premier concert de musique
concrète se déroule à l'Ecole Normale
de Musique de Paris le 18 mars 1950. C'est aussi
l'année de sa musique de film " Aube "
(réalisateur Jean-Claude Sée), composition qui
a inspiré la Musique
sans titre (1951), une
œuvre importante dans la vie du compositeur.
1952-1958 Pierre HENRY va diriger les travaux du
Groupe de Recherche de Musique Concrète (GRMC) de la
RTF. Dès 1950, la musique concrète faite
à partir de sons enregistrés par le micro,
avait vu s'opposer à elle la musique
électronique née au studio de Cologne avec
Herbert Eimer, Gottfried-Michael Koenig et Karlheinz
Stockhausen. Pierre HENRY dans une interview au Figaro
Littéraire déclarait en 1955 : " pour ma part,
j'aurais préféré le terme de " musique
électroacoustique ", car en définitive, toute
musique aboutit au concret instrumental ".
En mars 1951, pierre HENRY
crée son premier répertoire de sons sur "
noyaux " et se découvre un goût du
classement et du catalogue qui deviendront un des
éléments moteurs de son travail
créateur.
1951-1969 Pierre HENRY compose de nombreuses
musiques de films (publicitaires et cinéma).
1953 Le voile
d'Orphée (final de
la première version d'Orphée avec Pierre Schaeffer en 1951) marque un
tournant pour Pierre HENRY. On trouve déjà cet
étirement de la durée, une des
caractéristiques de son style, et la présence
du thème de la mort. C'est la première œuvre
de musique électroacoustique de caractère
orchestral. Orphée provoque un scandale au Festival de
Donaueschingen.
1954 Le 2 décembre, au premier concert
(fortement chahuté) retransmis en
stéréophonie, il est au pupitre de
spatialisation de l'œuvre de Varèse "Déserts " au Théâtre des
Champs-Elysées.
1955 Rencontre avec Maurice Béjart et
création du premier ballet " Batterie Fugace " suivi de la fameuse "Symphonie pour un homme seul", ballet qui sera le premier d'une longue
collaboration jusqu'en 1975 (" Orphée " en 1962, " La Messe pour le temps
présent " en
1967...13 ballets à ce jour). D'autres
chorégraphes feront appel à lui, Carolyn
Carlson, Merce Cunningham, Georges Balanchine, Maguy
Marin...1955-1956 : Le compositeur crée un grand
nombre de sons de base de sa future phonothèque :
sons de cordes de piano, piano électrifié,
sons de forme artificielle dits sons " ovales ", sons de
tiges vibrantes, de plaques, d'instruments traditionnels
etc...
1956 " Haut
Voltage ", musique pour un
ballet de Maurice Béjart. Création le 26 mars
1956 à l'Opéra de Metz, et première
audition au Théâtre de la Musique de Paris le
31 octobre 1968. Cette œuvre représente
l'avènement de la musique électroacoustique :
fusion des sons concrets, électroniques, vocaux et
instrumentaux.
1958 " Orphée " : ballet pour Maurice
Béjart
1960 Dans les années soixante, Pierre
HENRY fréquente des artistes tels qu ' Yves Klein,
Degottex, Mathieu, Arman, Nicolas Schöffer, Vostel, et
travaillera avec eux autour de leurs oeuvres : avec Georges
Mathieu, le 2 avril 1959, au Fleischmarket de Vienne et
devant deux mille personnes, l'artiste peindra une toile de
dix-huit mètres sur trois sur une musique
spécialement composée par Pierre HENRY.
1962 " Le
voyage ", musique de ballet
pour Maurice Béjart, inspiré par le Livre des
morts tibétains. L'auteur semble avoir "
laissé le tissu se tisser lui-même ", ce qui
donne œuvre d'un style transparent et pur. Pierre Henry se
compare plus à un sculpteur ou à un
cinéaste qu'à un compositeur étant
donné le contact direct qu'il entretient avec la
matière, il dit faire " une musique primitive proche
de la musique tibétaine, africaine ".
1963 " Variations pour une porte et un
soupir " : première
audition le 27 juin 1963 en l'Eglise Saint-Julien-le-Pauvre.
Sur cette musique sera créé plus tard le
ballet de Maurice Béjart au Palais des Beaux - Arts
de Bruxelles.
1963-1967 Pierre HENRY durant ces quatre
années composera presque uniquement des musiques
d'application (musiques de films, ballets, disques, musiques
de scène...)1967 : sa " Messe de Liverpool " qu'il donnera en concert-couché au
Sigma de Bordeaux en novembre de la même année
est une expérience nouvelle qui satisfait son
goût pour les concert - évènements : "
le 16 novembre, je fais une expérience nouvelle
à Bordeaux. Je transporte tous mes appareils que je
disposai à l'Alhambra - une salle de 1800 places avec
un ring de boxe au milieu. Je supprime tous les fauteuils
d'orchestre pour étendre pour étendre les gens
sur un matelas. Au plafond, il y aura des projections
mouvantes et à l'entracte, je voudrais que les
spectateurs - auditeurs dansent ".
Son disque des " Jerks
électroniques " - composés pour la "
messe pour
le temps présent "- et sorti la même année ,
aura un succès inattendu et prolongé, il sera
premier au hit - parade classique durant deux ans.
1968 Son goût pour les concerts -
évènements s'exprimera de nouveau avec
" l'Apocalypse de
Jean " dont la
première audition a lieu le 31 octobre 1968 au
Théâtre de la Musique suivie d'un concert
ininterrompu de vingt-six heures. Les oeuvres sont
programmées en fonction de la résistance, de
l'acuité auditive de l'auditeur car on
n'écoute pas de la même manière à
deux heures du matin ou a trois heure de
l'après-midi. Cette nuit est rentrée dans
l'histoire de la musique.
1969 Il reçoit le Grand Prix du disque
de l'Académie Charles Cros .
Son besoin d'être son propre
interprète le fait se mettre en scène dans ses
concerts " La musique est démontrée par le
corps de celui qui passe le son ".
1970 Avec les années soixante-dix
commence une période où il mêle des sons
anecdotiques, des sons de voix, d'animaux, des extraits de
musiques de films, de scène, des brouillons d'oeuvres
en cours ou achevées.
1971 " Mise en
musique du Corticalart " et
" Musiques pour une
fête " sont
représentatives de cette période.
1973 " Kyldex
" : spectacle
cybernétique et lumino-dynamique conçu autour
de l'univers du sculpteur Nicolas Schöffer.
1974 Pierre HENRY conçoit et fait
l'étude complète (équipement,
fonctionnement et buts artistiques) d'un centre de musique
électroacoustique à Bordeaux, projet qui ne
verra pas le jour.
1975 " Futuristie
" : hommage à Luigi Russolo, peintre et musicien
futuriste auteur d'un manifeste paru en 1913, " L'art des
bruits ", sera choisi par Pierre HENRY comme parrain
posthume de cette œuvre. Cette œuvre est originale par sa
théâtralisation du concert grâce aux
objets, couleurs, lumières, cinéma et
récitant.
1976 " Parcours-Cosmogonie " est une structuration thématique
et inédite en 12 concerts du répertoire du
compositeur. Pierre HENRY, préoccupé par la
survivance de sa musique qu'il nomme " précaire ",
mélange ses oeuvres en une seule, et lui donne
l'occasion d'appliquer sa méthode de classement des
sons au sein même d'une de ses oeuvres.
1977 "
Dieu " : musique et
adaptation du poème de Victor Hugo, dure deux heures
et demie, et Pierre HENRY construit sa musique comme un
texte. C'est un très grand succès lors de la
première représentation de l'œuvre à
Lille le 6 décembre 1977.
1979 En hommage à Beethoven
:"La dixième
symphonie de Beethoven",
composée à partir de cellules
empruntées aux neuf symphonies de Beethoven avec la
collaboration musicale de Bernard Bonnier.
1980 " Noces
chimiques " Pierre HENRY,
compositeur mais aussi metteur en scène de ce rituel
féerique d'après le récit de
l'alchimiste du 17ème siècle Jehan Valentin
Andreae.
1982 Pierre HENRY dirige et anime
l'Association SON/RE (Son et Recherche
électroacoustique) rue de Toul. Son studio s'est
enrichi d'un nouvel équipement avec l'aide du
Ministère de la Culture et, depuis 1993 la Ville de
Paris lui apporte son soutien.
1983 Pierre HENRY renoue avec la radio - en
l'occurrence la WRD de Cologne - et composera plusieurs
oeuvres radiophoniques : " La Maison
des sons ", " La
Ville "(1988) et "
Christal
Mémoire
"(1987).
1985 " Hugosymphonie " (la terre, l'air, le feu et l'eau) :
symphonie cosmique d'après Victor Hugo est une
prodigieuse musique de mots. Cette œuvre sera
créée à Radio France en décembre
1985.
1986 " Portrait - Souvenir " en hommage à François Dufrêne.
1987 " Le
livre des morts égyptiens " - œuvre inédite - commandée
par l'IRCAM.
1988 " La
Ville " : musique originale
pour le film muet (1927) de Walther Ruttmann, " Berlin,
symphonie d'une grande ville ". Ce spectacle, commande de la
WDR de Cologne, sera présenté à Paris
dans le cadre de Cités-Cinés 1988.
Pierre HENRY a toujours
été passionné par le cinéma, par
les bandes sonores du cinéma parlant des
premières années. " Le Ballet mécanique
" de Fernand Léger fait partie des influences extra -
musicales du compositeur : en référence
à l'œuvre qu'il compose en 1949 " Le Petit
Ballet Mécanique
" pour piano
préparé ad libitum.
1991 " Les
chants de Maldoror " :
feuilleton radiophonique en 50 épisodes
diffusé sur France Musique du 15 février au 23
avril 1993. Cette œuvre est adaptée des " Chants de
Maldoror " de Lautréamont.
1993 " L'Homme
à la caméra "
: une musique pour le film muet de Dziga Vertov
(1927).
1994 " Les
Petits métiers " :
une commande de la WDR de Cologne. Pierre HENRY retrouve ces
dernières années la composition radiophonique
qui a été déterminante dans son
œuvre.
1995 "
Notations sur La Fontaine "
: un autre feuilleton musical (20 épisodes de dix
minutes) autour des Fables de La Fontaine sur France Culture
du 7 novembre au 2 décembre 1995.
1996 " Intérieur/extérieur " commandé par le Festival d'Automne
à Paris : une série de concerts pour 40
personnes chez Pierre HENRY, rue de Toul du 21 octobre au 30
novembre. Cette œuvre représente " six mois de
musique, de mixage, mais dix ans de peinture. Le tout
constitue une sorte de Requiem profane, de
cérémonie secrète. C'est très
autobiographique, tissé avec mes souvenirs, mes coups
de cœur, mes outils de travail, une sorte de synthèse
de mon univers personnel ".
DISTINCTIONS
Officier de la Légion
d'Honneur
Commandeur des Arts et
Lettres
Officier de l'Ordre National du
mérite
Grand Prix National de la Musique
(1985)
Grand Prix SACEM (1987)
Grand Prix de l'Académie
Charles Cros (1969)
Grand Prix de l'Académie du
Disque
Prix des Universités de
France
Victoires de la Musique
(1988)
Grand Prix de la Ville de Paris
(1995)
Grand Prix de la SACD
(1996).
Biographie
extraite du cahier n°49 de la
Documentation des Emissions Musicales Février 1997), avec l'aimable
autorisation de ce service.
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