Niccolo Paganini ( 1840 -- )
Virtuose incontesté du violon, compositeur féru de
prouesses techniques, PAGANINI fut aussi un personnage riche
en couleurs, mi ange, mi démon, qui fascina ses
contemporains :
" Cet homme aux longs
cheveux noirs, à la pâle figure, nous ouvre,
par ses sons, un monde que nous n'avions peut-être
pressenti qu'en rêve. Son apparition a quelque chose
de si démoniaque que l'on cherche en lui tantôt
le " pied fourchu " caché, tantôt les ailes
d'un ange ", lit-on dans Le
Journal de Leipzig, en 1829.
1794 Première prestation publique du
jeune virtuose à Gênes.
1795 Il perfectionne son violon à Parme
avec Alessandro ROLLA, puis la composition avec GHIRETTI,
professeur de PAËR.
1801 Brillant succès au Festival de
Santa Corce, à Lucques, où il s'installe en
tant que violon solo de l'Orchestre National.
1807 Il devient violon solo de la cour de la
princesse Baciocchi, sœur de Napoléon.
1809 Il rompt avec la cour et entreprend une
carrière de virtuose.
1813 Triomphe à Milan et rencontre avec
ROSSINI à Bologne.
1824 Liaison avec la cantatrice Antonia
BIANCHI dont il aura un fils, Achille.
1827 Le Pape Léon XII le nomme
chevalier de l'Eperon d'or.
1828 Première tournée à
l'étranger, débutant par un concert triomphal
à Vienne où l'empereur le nomme virtuose de la
cour.
1831 Il se produit à l'Opéra de
Paris et déclenche un bel enthousiasme :
" Que les femmes
nouvellement accouchées y mènent leur
nourrisson afin que dans soixante ans, ils puissent se
vanter de l'avoir entendu ! " lit-on dans La Revue de Paris. Tant qu'au
critique des Débats, il conseille aux lecteurs de
tout mettre en gage pour acheter un billet.
1834 Rencontre avec BERLIOZ, dont la
" Symphonie fantastique
" le fascine et auquel il
demande d'écrire un solo pour alto, présent
dans " Harold en Italie
". En 1838, lors d'un
concert d'œuvres de BERLIOZ, il s'agenouille devant le
maître et lui baise la main.
1834-1840 Déclin de l'art de PAGANINI,
lié à une mauvaise santé. Jouissant
d'une fortune considérable, il donne quelques rares
concerts et se repose dans sa villa de Parme. Au printemps
1840, il meurt à Nice où il s'était
rendu dans l'espoir d'y être soigné.
" L'art de PAGANINI
est un art à part, qui est né avec lui, et
dont il a emporté le secret dans la tombe
", écrit le
musicologue FETIS.
" Irréel ", " Surnaturel ", " Fantastique ", tels sont souvent les termes
employés pour définir l'art de PAGANINI, qu'on
soupçonna d'ailleurs d'avoir passé un pacte
avec le diable.
PAGANINI a déclenché chez le public un enthousiasme
proche de l'envoûtement, en poussant la
virtuosité du violon dans ses limites les plus
extrêmes, grâce à une
extensibilité exceptionnelle de la main. On le vit
ainsi accorder la corde de son violon un demi-ton plus haut,
ou couper ostensiblement avec des ciseaux trois cordes de
son violon pour ne jouer qu'avec une seule corde...
Les prouesses techniques de ses compositions, " point solsticial de la virtuosité ", disait SCHUMANN,
inspirèrent LISZT, BRAHMS, RACHMANINOV et
DALLAPICCOLA. Parmi ses œuvres les plus remarquables, on
peut noter le Streghe, "
Danse des sorcières " (1813), les 24 Caprices pour violon seul,
(1817), Cantabile pour violon et guitare (1822/24), et Six
Concertos pour violon.
BIBLIOGRAPHIE
Nicolo PAGANINI par E. NEILL aux
éditions Fayard
Nicolo PAGANINI musicien magicien
ou mutan de marfan ? par J. B. CONDAT aux éditions
Honoré Champion
PAGANINI par J. G. PROD'HOMME aux
éditions Laurens
PAGANINI le magicien par R. de
SAUSSINE aux éditions Gallimard
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