Clara Haskil ( 1960 -- )
Clara HASKIL entre au Conservatoire de
Bucarest à l'âge de six ans. Enfant prodige,
également douée pour le violon et le piano,
elle va étudier à Vienne dès 1902 avec
le musicien Richard Robert qui lui enseignera une technique
hors pair.
Sa carrière de concertiste
débute en 1903, avec le Concerto en la K 488 de Mozart qui restera une des
œuvres-clés de son répertoire.
En 1905, Clara travaille avec un excellent
pédagogue Joseph Morpain. Il la prépare au
concours d'entrée du Conservatoire de Paris où
elle entrera seulement en 1907 dans la classe de Cortot.
Même si ses relations avec le maître sont
difficiles, Cortot remarque très vite les dons
particuliers de son élève.
En 1909, Clara HASKIL obtient un premier prix
de violon au Concours de l'Union Française de la
Jeunesse présidé par Jacques Thibaud.
C'est à l'âge de quinze ans que
la jeune virtuose remporte son premier prix de piano du
Conservatoire décerné par des membres de jury
tels que Fauré, Albeniz, Enesco, Moskowski et Raoul
Pugno. Les compositeurs Busoni et Padarewski la
remarquent.
Suite à une aggravation de sa
scoliose, la jeune virtuose doit interrompre totalement la
pratique du piano et doit rester plâtrée durant
quatre ans à Berck.
C'est en 1921 que Clara HASKIL reprend ses
tournées. Le redémarrage est difficile, c'est
l'époque du piano grandiose, expressif et extraverti
à l'image d'un Cortot et à l'opposé de
Clara dont le jeu est d'une intensité et d'une
sobriété rares.
Dès 1925, Clara joue souvent avec son
compatriote Georges Enesco.
De 1927 à 1940, la pianiste se fixe
à Paris où elle fréquente, par
l'intermédiaire de la Princesse de Polignac,
Stravinski, Poulenc, Rubinstein, Sauguet... En 1927, elle
donne avec Eugène Ysaye l'audition intégrale
des sonates de Beethoven pour piano et violon. Reconnue dans
son talent par Ingelbrecht, elle se produit
fréquemment avec l'Orchestre National.
La pianiste enregistre chez Polydor des
sonates de Scarlatti et de Haydn, deux premiers disques
passés inaperçus.
En 1936, Clara rencontre le pianiste Dinu
Lipatti, elle se lie avec lui d'une profonde
amitié.
A la veille de la Deuxième Guerre
mondiale, la virtuose doit se faire opérer d'une
tumeur au cerveau. Convalescente, elle se réfugie en
Suisse où elle se fera naturaliser en 1949.
Au lendemain de la guerre, sa carrière
prend enfin sa vraie dimension. Clara est invitée et
fêtée dans le monde entier comme une
interprète d'exception.
En 1950, Pablo Casals l'invite au premier
Festival de Prades. Elle participe aussi à de
nombreux festival américains et
européens.
Clara HASKIL joue avec Karajan, notamment
pour le bicentenaire de Mozart en 1956. Lors de longues
tournées en Europe et aux Etats-Unis, elle se produit
en récital avec le violoniste Arthur Grumiaux, elle
interprète des concertos à deux pianos avec
les pianistes Géza Anda et Nikita Magaloff, les
orchestres les plus réputés et les plus grands
chefs l'accompagnent également.
Grâce à une technique
très étonnante, Clara Haskil a pu aborder les
pages les plus virtuoses. Son répertoire est
essentiellement romantique avec Beethoven, Schumann,
Schubert et Chopin. Elle est aussi une interprète
inégalable de Mozart dont elle aborde les œuvres
dès 1920. Son répertoire discographique est
modeste, mais il donne bien l'image de sa voix
singulière d'une sonorité inoubliable et d'une
fluidité inégalée.
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