Giovanni Battista ( 1710 -- )
Issu d'une famille
modeste, le jeune PERGOLESE, probablement atteint de
tuberculose, est d'une santé fort fragile et a une
jambe déformée. Il débute ses
études musicales en compagnie de Francesco SANTI,
maître de chapelle de la Cathédrale de Jesi. En
1726, la chance lui sourie en la personne d'un
noble de la ville, le marquis Cardolo Maria PIANETTI qui,
sensible à son talent, lui propose une bourse pour
entrer au Conservatoire des Poveri di Gesù Cristo
à Naples où il restera six ans. Très
vite, il se fait remarquer par ses maîtres Domenico Di
MATTEIS au violon, ainsi que Gaetano GRECO et Francesco
DURANTE pour la composition. En 1729, il
devient le chef d'un groupe d'étudiants du
Conservatoire, sélectionnés parmi les
meilleurs et se produisant fréquemment. A partir de
1731, ses premières compositions lui
permettent de se faire connaître du
public :
1731 Création de sa 1ère œuvre, le drame sacré San Guglielmo Duca d'Aquitania..
1732 Création de son 1er opéra seria, Salustia,
au Théâtre San Bartolomeo de Naples.
Ces premières compositions
n'obtiennent pas de succès. Sa carrière
musicale prend un nouveau tournant avec sa nomination comme
maître de chapelle du prince de STIGLIANO,
écuyer du vice-roi de Naples. Et il trouve enfin la
bonne voie en tant que compositeur avec son opéra
bouffe, La Frate'nnamorato, qui
remporte un vif succès.
1733 Triomphe avec son intermezzo,
La Serva Padrona. PERGOLESE devient
une personnalité de la musique, mais uniquement
grâce à ses opéras bouffes et ses
intermezzi. Sa musique vocale sacrée, ses motets et
sa musique de chambre restent dans l'ombre.
1734 Il est nommé maître de chapelle
suppléant de Naples.
Création, à Rome, de sa Messe en Fa Majeur, jugée
" épouvantable " par un célèbre critique de l'époque. Un vrai
fiasco ! Echec de son opéra Adriano in Siria créé à Naples au Théâtre San Bartolomeo.
1735 Création de son opéra seria,
L'Olimpiade, au Théâtre Tordinona de Rome.
Encore un échec pour cet opéra hué par
le public. Découragé, PERGOLESE regagne Naples
et accepte le poste d'organiste de la chapelle royale.
Succès de son dernier opéra comique,
Flaminio, à Naples.Mais ses
précédents échecs l'ont gravement
atteint, moralement et physiquement.
1736 Se sachant condamné, il se retire au
monastère franciscain de Pozzuoli. A bout de forces,
il y termine son Stabat Mater. Il meurt à
l'âge de 26 ans.
La mort précoce
ainsi que la destinée tragique de PERGOLESE
provoqueront, en partie, sa renommée posthume. Ses
œuvres maîtresses comme le Stabat Mater ou le Salve
Regina connaîtront un
regain extraordinaire de popularité. Son intermezzo,
La Serva
Padrona, sera
exécuté dans toute l'Europe et provoquera, en
1752, la célèbre Querelle des Bouffons.
L'écriture de PERGOLESE se caractérise par un profond sens
dramatique ainsi qu'une vérité d'expression et
une spontanéité remarquables. Il a su affiner
et rajeunir les formes traditionnelles de la musique, tout
en restant ancré dans l'esthétique de son pays
et de son époque.
Outre ses opéras, sa production est très variée
et contient bon nombre de musique orchestrale, de musique
vocale sacrée et de musique de chambre.
Mais l'engouement
posthume pour PERGOLESE aura l'effet malencontreux de poser
le problème de l'authenticité de bon nombre de
ses œuvres. En effet, d'innombrables partitions, parfois
douteuses quant à leur origine, furent
exhumées après la mort du compositeur. La
multiplicité et la profonde
irrégularité de ces œuvres ont remis en
question leur authenticité et ont provoqué des
éditions critiques sur le catalogue des œuvres du
compositeur.
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