Marcel Landowski ( -- 1915 )
" Quand on est
seul, à la campagne notamment, devant son papier
à musique comme devant sa feuille blanche, on se dit
que la seule chose qui compte, si quelque chose compte dans
la vie, c'est bien l'œuvre qu'on a pu faire et qu'on peut
espérer, avec humilité,
laisser… " : Marcel Landowski
Fils du sculpteur d'origine
polonaise Paul Landowski et par sa mère,
arrière-petit-fils du compositeur Henri Vieuxtemps,
il montre très jeune d'évidentes dispositions
pour la musique et prend des leçons de piano avec
Marguerite Long.
1935 Il entre au Conservatoire de Paris dans
les classes de Paul Fauchet (harmonie), Noël Gallon
(fugue), Henri Büsser (composition), Philippe Gaubert
et Charles Münch (direction).
1935-38 Parallèlement, il travaille
la direction d'orchestre avec Pierre Monteux qui dirige ses
premières œuvres, notamment Les sorcières et les sept
loups, pour chœur de femmes
et orchestre. Son intérêt pour le groupe des
Six se manifeste déjà, surtout pour Milhaud et
Honegger.
1939 Compose l'oratorio Rythmes du Monde.
1948-49 Il s'impose comme compositeur avec
Le rire de Nils
Halerius, légende
lyrique et chorégraphique, et surtout avec sa
1ère Symphonie Jean de la peur. Dans ces 2 œuvres, Landowski
révèle, dans un langage personnel qui s'appuie
pourtant sur la tradition, la manière dont bien
souvent l'œuvre littéraire, le conte, suscite chez
lui la création musicale.
1950 Il obtient le Grand Prix de Composition de
la Ville de Paris.
1950-60 Concerto pour ondes Martenot, Le
Fou (opéra) et
Le Ventriloque, comédie lyrique.
1961-65 Occupe plusieurs postes de
responsabilité : Directeur du Conservatoire de
Boulogne Billancourt, Directeur de la Musique à la
Comédie Française, Inspecteur
Général de l'Enseignement Musical au
Ministère des Affaires Culturelles. Il compose
l'Opéra
de poussière, ses 2ème et 3ème Symphonies.
1966-74 Il est nommé par André
Malraux Directeur de la Musique, de l'Art Lyrique et de la
Danse aux Affaires Culturelles ; l'action entreprise
sous sa responsabilité sera immense :
rénovation et décentralisation des
conservatoires, réformes dans le domaine de l'art
lyrique, fondation de festivals et d'orchestres
(création en 1967 de l'Orchestre de Paris),
subventions accrues pour la création. Toutes ces
charges officielles, si elles ralentissent sa
productivité, ne diminuent pas la qualité de
ses œuvres : le Concerto pour flûte et
cordes en est un
exemple.
1975 Il est élu Membre de
l'Institut de France.
1977-90 Compose un oratorio : la
Messe de
l'aurore (1977), un
concerto pour soprano, violoncelle et orchestre (pour
Rostropovitch et Galina Vichnievskaïa) :
Un enfant appelle (1979),
le Fantôme de l'Opéra (ballet,
1979), le Pont de l'espérance
(oratorio, 1980), les Hauts de Hurlevent (ballet,
1982), la Sorcière du placard à balais
(opéra pour enfants, 1983), Montségur (opéra, 1980-84), et sa
4ème Symphonie
(1988).
1991-96 En 1991, il est nommé
Président d'honneur du Théâtre du
Châtelet et PDG des Editions Salabert. Il écrit
les Leçons de
Ténèbres
(oratorio, 1991), la Symphonie concertante pour orgue
et orchestre (1993),
les Rois
Mages (cantate, 1994), un
Concerto pour violon
et orchestre
(1995), Galina
(opéra retraçant la vie de la cantatrice,
1996), Un
chant (concerto pour
violoncelle et orchestre, 1996).
" La recherche
artistique qui se veut uniquement rationnelle et analytique,
n'a aucune chance de trouver le Beau. Malheureusement
l'expérimentation est devenue pour certains le but de
l'art ! … Schönberg puis Boulez ont tué
deux générations de musiciens. En revanche
Berg a su allier un hyper romantisme avec la rupture voulue
par Schönberg. Je considère Wozzeck comme un
chef-d'œuvre. On ne peut pas se couper de ses
racines. "
Cette déclaration tout autant que ses œuvres montre
à quel point Landowski est un néo-romantique
qui ne refuse en rien l'expressionnisme. Ses ouvrages sont,
de fait, souvent d'une grande puissance expressive comme
dans son opéra Montségur se rapportant à
l'épopée cathare. De même, ses œuvres
concertantes, tout autant que ses quatre symphonies, sont
d'une grande vitalité rythmique et dynamique.
Attaché aux valeurs tonales à l'instar d'un
Honegger ou d'un Chostakovitch, Landowski déploie une
palette sonore très riche et souvent très
puissante. On retrouve chez le créateur, en quelque
sorte, la pugnacité de l'homme public.
Artiste témoin
de son temps, homme engagé, Landowski est un
humaniste en recherche constante de
spiritualité : " Le mysticisme et l'amour sont les
deux thèmes de la musique ".
ECRITS
L'Orchestre, éd PUF,
1951
Arthur Honegger, éd
Seuil/Solfèges, 1957
Batailles pour la musique,
éd du Seuil, 1979
La Musique n'adoucit pas les mœurs,
éd Belfond, 1990
BIBLIOGRAPHIE
Antoine GOLEA : Marcel
Landowski, éd Seghers, 1969
Marcel Landowski, le musicien de
l'Espérance (La Revue Musicale n° 372-373-374,
éd Richard Masse, 1984)
Marcel Landowski, " le
Fou ", " Montségur ", Hors
Série l'Avant-Scène Opéra n° 2,
1991
SOURCES
Larousse de
la Musique
Dictionnaire
de la Musique, éd Bordas
Dossier
" Landowski " de la Documentation
Musicale de
Radio France
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