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Katia Et ( 1950 -- )



" Marielle est une moitié de moi même. Je trouve en elle ce qu'il n'y a pas chez moi. Et réciproquement " : Katia LABEQUE.

Un duo qui décoiffe, avec 2 ravissantes pianistes pleines de sex-appeal, anticonformistes à souhait, abordant des répertoires aussi éclectiques qu'inattendus.

Filles d'Ada CECCHI, ancienne élève de Marguerite LONG, elles étudient le piano avec leur mère qui sera un merveilleux pédagogue tout au long de leurs études. Dans la maison de leur enfance, tout respire la musique et il y a deux grands pianos.

Elles entrent en 1965 au Conservatoire de Paris dans la classe de Lucette DESCAVES et obtiennent leur premier prix en 1968. Puis elles suivent avec Jean HUBEAU un troisième cycle de perfectionnement à 2 pianos : " Nous n'avions vraiment pas envie de nous séparer. C'est la seule raison qui nous a poussées à ce choix, et non l'attrait du répertoire pour deux pianos et quatre mains que nous n'avons découvert qu'après ".

Dès le début, elles choisissent la musique contemporaine avec BOULEZ, BERIO, LIGETI et MESSIAEN dont elles enregistrent, en 1970, les Visions de l'Amen, suivies de la Sonate pour deux pianos et percussions de BARTOK. Un répertoire sans concession qui attire sur elles l'attention des professionnels de la musique et leur permet de se lier d'amitié avec les grands percussionnistes Sylvio GUALDA et Jean Pierre DROUET.

1972 marque une année importante grâce à la rencontre avec BERIO : " C'est lui qui nous a initiées à l'importance du rythme et à cette ouverture vers toutes les musiques ". En 1973, elles créent son Concerto, puis son œuvre Linéa.

La critique s'enflamme pour ce duo détonant. En 1980, Jacques CHANCEL consacre son Grand Echiquier aux Sœurs LABEQUE qui deviennent alors la coqueluche du public.

Entre temps, leur répertoire s'ouvre aux musiques les plus variées et contradictoires. Elles passent avec insolence de Brahms au ragtime, de Liszt à Gershwin, de Stravinski à Messiaen et de Schubert à Bernstein. Une rare popularité jaillit de leur anticonformisme musical. Même parcours pianistique risqué lorsqu'elles participent en 1990 au Groupe de John Mc LAUGHLIN dans un programme intercalant jazz et musiques du 20ème siècle.

Admirées aussi bien par Chick COREA qu'Alfred BRENDEL, notre espiègle duo cultive à fond l'éclectisme musical en travaillant avec des partenaires aussi divers que Seiji OZAWA, Marial SOLAL, Jacques HIGELIN, Augustin DUMAY et Zubin MEHTA.

Elles mènent une carrière étincelante à l'étranger, particulièrement aux Etats-Unis où elles participent à de nombreux shows télévisés avec John WILLIAMS et The Boston Pops.

La France boude un tantinet ces deux extra terrestres du piano, si peu conformes à l'orthodoxie musicale : " En France, la réussite est toujours un peu suspecte. Et la mobilité qui échappe au cartésianisme rongeur de casier aussi ".

Peu importe, les petites sœurs continent leur grand bonhomme de chemin en jetant çà et là des déclarations qui font frémir les ronds de cuir de la musique. Ainsi proposent-elles que les disques soient vendus avec leur date de fraîcheur, " comme des pots de yaourt ".

Rares sont les duettistes qui ont pu passer le cap de la célébrité, le répertoire pour 2 pianos étant souvent ingrat. Le grand mérite des sœurs LABEQUE est de lui avoir redonné ses lettres de noblesse en le sortant des sentiers battus. Elles ont eu, de plus, le courage d'affirmer leur moi authentique : " Nous sommes très différentes l'une de l'autre. Nous n'avons pas les mêmes centres d'intérêt, nous ne lisons pas les mêmes livres, nous n'avons pas du tout le même tempérament...Nous avons cherché à appréhender, chacune de son côté, des univers différents, pour être riche ne nouveaux acquis lorsque nous nous retrouvons ".

KATIA LABEQUE

" Katia était beaucoup plus douée, plus motivée que moi " : Marielle LABEQUE.

Katia, l'aînée, est une petite fille repliée sur elle même, qui ne vit que pour son piano qu'elle débute à l'âge de 3 ans. Elle a peu d'amis, travaille d'arrache-pied la musique et considère comme " débiles " ses copines qui ne pratiquent pas un instrument. Charmante enfant !

Heureusement Katia ne grandit pas en sagesse et au fil des années, elle s'impose comme le personnage le plus extraverti du duo qu'elle forme avec sa sœur.

Pétillante et malicieuse, elle tient dans le répertoire du piano à 2 ou 4 mains la partie haute et claire des aigus, convenant le mieux à sa vivacité et sa vélocité.

Le jardin secret de Katia, c'est le jazz : " Lorsque je suis sortie du Conservatoire de Paris, j'avais dix sept ans et j'étais ouverte à tout. Marielle et moi nous sommes engagées dans la musique contemporaine. Mais la nuit, j'allais voir en club Daniel Humair ou Jean-François Jenny-Clark, j'écoutais Coltrane... ".

La grande sœur arrive à débaucher la petite. A partir de 1980, elles s'initient à l'univers du jazz en enregistrant en duo des œuvres de GERSWHIN, suivies de ragtime.

En 1996, Katia fonce dans sa passion en signant de son seul nom l'album Little Girl Blue. Un disque où elle rencontre Chick COREA, Herbie HANCOCK et Michel CAMILO.

Parallèlement Katia se sépare temporairement de Marielle pour faire partie du groupe jazz John Mc LAUGHLIN : " J'ai ressenti le besoin d'explorer d'autres domaines musicaux, de découvrir cette musique actuelle qui évolue sans cesse...Je dois faire la musique qui reflète ce qui se passe en moi ".

Alors, y aurait-il du divorce dans l'air ? Accusée Katia, levez-vous ! : " Si un jour nous n'avons plus envie de jouer ensemble, s'il n'y a plus d'amour, peut-être nous séparerons-nous. Mais pour l'instant, il en est moins que jamais question " : Marielle LABEQUE



MARIELLE LABEQUE

" Marielle aimait surtout rigoler... " : Katia LABEQUE.

C'est à 5 ans que Marielle apprend le piano, sans grande conviction au départ. Elle aime beaucoup danser, être entourée de copines, s'intéresse à tout et admire, entre autres, les prouesses pianistiques de sa sœur : " C'est seulement en l'entendant jouer en concert, quand elle avait sept ou huit ans, que j'ai eu envie de faire pareil ".

Au fil du temps, la petite rigolote devient tendre et secrète. C'est l'élément calme et introverti du duo. Elle tient d'ailleurs au clavier la partie grave des basses : " C'est un choix qui correspond à mon tempérament, j'aime le son du violoncelle. Et puis j'ai une main plus lourde que Katia, moins brillante, mais qui peut faire chanter le son ".

Marielle se distingue de sa sœur par son amour privilégié pour l'art lyrique. Elle adore l'opéra, Elisabeth SCHWARZKOPF, Kathleen FERRIER ou Maria CALLAS. Un de ses plus grands plaisirs fut d'accompagner Barbara HENDRICKS.

Son autre passion est la musique de chambre, qu'elle pratique régulièrement avec Augustin DUMAY, Lynn HARRELL ou Richard STOLZMAN. Et elle n'emmène pas sa sœur dans sa valise lorsqu'elle participe au Festival de musique de chambre de Gidon KREMER en Autriche.

Alors, abandon de famille ? Accusée Marielle, levez vous : " Ce sont justement nos différences qui peuvent vivifier notre duo, le faire évoluer et éviter le dessèchement ".

Dernière distinction, et de taille ! Katia et Marielle ne partagent pas les mêmes hommes... Mariée au chef d'orchestre Semyon BYCHKOV, Marielle connaît maintenant un beau duo d'amour dans les bras de son époux.






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