Lionel Hampton ( 1909 -- )
Dernier géant du jazz depuis
la mort de Duke Ellington, Count Basie et Benny Goodman,
Lionel HAMPTON, surnommé " Hamp ", joue un
rôle éminent dans l'histoire du jazz. Premier
jazzman à donner ses lettres de noblesse au
vibraphone en le propulsant en tant qu'instrument soliste,
Lionel est entré dans la légende grâce
à ses interprétations d'une virtuosité
époustouflante. Et la flamme qui se dégage de
ce " roi du
swing " est aussi
intense que l'aventure de sa vie :
" Mon oncle travaillait
avec le célèbre gangster Al Capone, qui se
montrait fort bon avec les Noirs, en particulier les
musiciens de jazz ".
Avec de telles relations, il était normal que Lionel
s'installe avec sa famille à Chicago pour
tambouriner, non pas sur la tête d'Eliot Ness, mais
sur la grosse caisse de l'orchestre d'enfants du Chicago
Defender Newsboys Band qui l'accueille à partir de
1920.
1930 marque une étape importante
puisqu'il rencontre Louis Armstrong avec lequel il
enregistre le premier solo de vibraphone jamais
effectué en jazz : " Louis a été comme un
esprit descendu du ciel ! Lorsque je me produisais avec
lui, j'étais au paradis ".
En 1936,
nommé révélation de l'année par
la revue " Down Beat ", il se fait engager dans le
quartette du célèbre clarinettiste Benny
Goodman, avec lequel il enregistre ses premiers disques,
entouré des meilleurs jazzmen de l'époque tels
Duke Ellington ou Count Basie.
Sa carrière explose en
1940. Après avoir contribué
à la gloire des orchestres des autres, il fonde sa
propre formation qui connaît un succès
immédiat et devient un des plus
célèbres big bands de l'époque,
où se produisent des héros du jazz tels Quincy
Jones, Art Farmer, Dexter Gordon et Charles Mingus.
A partir de 1953, il
part à la conquête de l'Europe et enregistre
à Paris avec Mezz Mezzrow, Claude Bolling, Alix
Combelle, Jean-Claude Pelletier et Guy Lafitte en
1953 et 1956.
En 1955, il
tourne dans le film " The Benny Goodman
Story ".
Infatigable, il poursuit sa
carrière à la tête de son big band,
effectuant des tournées mondiales, parcourant tous
les festivals internationaux (Newport, Nice, La Haye,
Marciac) et enregistrant avec d'éminents
jazzmen.
A partir des années 80, son grand orchestre perd peu à peu
ses solistes et ne doit plus son succès qu'à
la personnalité fulgurante de
" Hamp ".
En 1992, alors
âgé de 83 ans, il donne un show à Bobino
au cours duquel il est atteint d'une attaque cardiaque.
Emmené sur une civière, il hurle à ses
musiciens de continuer à jouer…
" Je ne peux pas
décrocher… "
dit " Hamp " qui continue à swinguer
à travers la planète jazz. Retour en France du
jeune homme de 90 ans en avril 1999, avec
une série de concerts à l'hôtel
Méridien. Car " Hamp " aime
profondément la France où il a d'ailleurs
créé le Jazz Club Lionel Hampton à
Paris. " Dans votre
pays, j'ai été intronisé par la
Confrérie du cassoulet… Ca ne s'oublie
pas ". D'ailleurs
n'a-t-il pas composé un succulent " Cassoulet
Blues " ? Car
" Hamp " est aussi glouton de bonne chère
que de rythmes endiablés…
Virtuose inégalable du swing
à outrance qu'il manie avec des techniques
insensées, il est aussi l'un des pionniers du rock
and roll avec certains de ses tubes comme " Hey-ba-be-re-bop ". Mais HAMPTON n'est pas seulement un
jazzman génialement exubérant. C'est avant
tout un artiste conscient de ses responsabilités,
créateur d'une fondation destinée à la
construction d'immeubles dans Harlem. C'est aussi le premier
jazzman noir à avoir intégré le
quartette non racial de Benny Goodman. Car
" Hamp " s'est engagé courageusement contre
la ségrégation et a défendu Nelson
MANDELA et Malcolm X :
" J'ai toujours eu de l'amour pour ces hommes qui ont
combattu pour la liberté. Nous nous devions de les
soutenir ".
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