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Albéric Magnard ( -- )



« Une route très sûre vers des horizons d'où l'on découvre toute la vie » : Paul Dukas à propos de la musique d'Albéric Magnard.

Elevé dans une famille cultivée, avec un père rédacteur en chef du Figaro, Albéric MAGNARD effectue des études musicales en amateur tout en poursuivant une licence en droit qu'il obtient en 1887. En 1886, âgé alors de vingt et un ans, il découvre Bayreuth et Wagner. Une révélation ! A son retour, il s'inscrit au Conservatoire de Paris où il poursuit des études avec Théodore Dubois et Jules Massenet. Il écrit ses premières compositions à partir de 1887 dont « En Dieu mon espérance et mon épée pour ma défense » qu'il dédie à son professeur d'escrime ! De 1889 à 1892, il suit des cours avec Vincent d'Indy dont il subira l'influence. Il écrit alors ses premières œuvres importantes avec le drame lyrique «Yolande » (1888/91), « Suite dans le style ancien » (1889) et le début de la composition de sa « Symphonie n° 1 » (1889). Auteur de 4 symphonies, sa plus connue reste la « Symphonie n° 3 » qu'il compose en 1895. Chroniqueur musical au Figaro durant quelques années, il démissionne de ce poste pour prendre ses distances par rapport à sa famille et ses relations. Dans le répertoire lyrique, outre « Yolande », il compose les tragédies musicales « Guercoeur » (1897/1900) puis « Bérénice » (1905/1909).

En 1914, à 49 ans, il succombe tragiquement, les armes à la main, en défendant seul sa propriété de Baron contre l'invasion allemande. Sa maison flambe, une partie de ses œuvres disparaît avec lui. Elles seront heureusement reconstituées par son fidèle ami et admirateur Guy Ropartz.

Albéric MAGNARD est mort comme il a vécu. Courageux et loyal, il s'engage dans diverses causes. Pionnier du féminisme, il confie l'édition de ses œuvres à des coopératives ouvrières et dédie sa « Symphonie n° 4 » à l'Union des femmes professeurs et compositeurs. Officier de réserve en 1899, il démissionne de l'armée pour protester contre l'affaire Dreyfus. Artiste engagé, il compose en 1903 un « Hymne à la justice ». Idéaliste et exigeant, il écrit à Paul Dukas : Je n'ai pas atteint la pureté de cœur et d'esprit qui fait les chefs d'œuvres. Je n'y arriverai jamais. Hélas ! Et c'est là ce qui fait ma plus grande mélancolie ».

L'œuvre d'Albéric MAGNARD n'a jamais occupé une place prépondérante dans l'histoire de la musique, bien qu'elle ait été fortement soutenue par Paul Dukas et Guy Ropartz. Albéric MAGNARD opère une synthèse réussie entre son idole Richard Wagner et ses maîtres français Jules Massenet et Vincent d'Indy. Son œuvre symphonique témoigne d'une maîtrise parfaite de l'instrumentation. Albéric MAGNARD a récemment trouvé son ange gardien en la personne de Michel Plasson qui a enregistré sa « Symphonie n° 4 » et son « Chant funèbre », avant de ressusciter en 1986, à la Halle aux grains de Toulouse, son opéra « Guercoeur » reconnu comme un succès !

BIBLIOGRAPHIE : « Une défense héroïque. La mort d'Albéric Magnard » de R. Barrès «Albéric Magnard » de M. Boucher « La Vie, l'œuvre et la mort d'Albéric Magnard » de G. Carraud « Albéric Magnard, 1865-1914 » par B. Bardet.






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