Alessandro Scarlatti ( 1725 -- )
" L'harmonie de ma
musique ne suffit jamais par elle-même à
apporter une ombre de plaisir, si la force de la
poésie et l'excellence des acteurs ne lui en donne la
vraisemblance. "
Alessandro Scarlatti
naît de parents siciliens. Il est l'aîné
de 7 enfants dont plusieurs sont devenus musiciens. A 12
ans, il vient étudier à Rome où l'on
suppose qu'il aurait été l'élève
de Foggia et de Pasquini, ou de l'illustre Carissimi. Mais
rien n'est sûr.
En 1678, il
épouse une napolitaine, Antonia Anzalone qui lui
donnera 10 enfants, dont Domenico, et l'année
suivante est créé son premier opéra,
Gli Equivoci nel
sembiante, qui obtient un
énorme succès. La reine Christine de
Suède lui demande d'entrer à son service et il
devient maître de chapelle de San Girolamo della
Carità. Vers 1680, il compose l'une de ses meilleures
productions religieuses, influencée par Carissimi, sa
Passion selon Saint
Jean.
1683 Il se rend à Naples pour y faire
représenter ses nouveaux opéras
(L'honestà
negli amori,
Il Pompeo).
1684 Grâce à des intrigues
familiales, il est nommé maître de chapelle
à la cour de Naples, devient rapidement le musicien
en vogue parmi l'aristocratie napolitaine et compose
d'innombrables cantates de chambre et des opéras pour
S. Bartolomeo et le théâtre du Palais
Royal.
1685 Naissance le 26 octobre de son fils,
le grand musicien Domenico Scarlatti.
1702-08 Il devient assistant maître de
chapelle à Sainte-Marie Majeure de Rome,
protégé par le puissant cardinal
Ottoboni ; notons que le palais du cardinal est un des
plus prestigieux foyer musical de l'époque (ce
mécène est connu pour avoir provoqué et
arbitré en 1709 un concours de virtuosité
entre Haendel et Domenico Scarlatti sur l'orgue et le
clavecin…)
1707 Il fait représenter deux
opéras très importants à Venise,
Mitridate Eupatore (où il
emploie largement l'orchestre et les chœurs), et
Il trionfo della libertà ; il
compose l'oratorio Il martirio di Sancta Cecilia.
Le Vatican ayant condamné le théâtre
lyrique, Alessandro se tourne vers la musique religieuse
(cantates, oratorios connurent un grand succès dans
toute l'Italie).
1717-21 Se partage entre Naples et Rome
où il donne La Griselda (opéra),
avant de consacrer ses dernières années
à la musique instrumentale. 1718 est aussi
l'année où est jouée au
théâtre Fiorentini de Naples une
comédie, Il trionfo
dell'onore, l'un de ses
chefs-d'œuvre.
1723-25 Retour définitif à
Naples ; il reçoit quelques élèves
privés, instruit son fils Domenico et mène une
existence attristée par la solitude et l'oubli. On
rapporte que vers 1725, il refusa de recevoir le
célèbre flûtiste Quantz en disant
à un de ses confrères : " Mon fils, vous connaissez mon
antipathie pour les instruments à vent : ils ne
sont jamais d'accord "
Ne croyons jamais les compositeurs sur parole, car
Alessandro Scarlatti s'est servi d'une façon exquise
des bois dans ses symphonies…
Celui que ses contemporains avaient
nommé " l'Orphée italien " meurt
oublié un 22 octobre 1725.
L'œuvre abondante
d'Alessandro Scarlatti, partiellement
révélée, se plie aux styles les plus
divers en fonction des époques et des villes
où il l'a composée.
Son activité
créatrice s'est essentiellement exercée sur
deux plans, le théâtre et
l'église : pour le théâtre, il a
composé plus de 100 opéras ; pour le
concert, plus de 800 cantates profanes ; pour
l'église, 35 oratorios et cantates spirituelles, 16
messes, motets…, sans oublier sa production instrumentale,
plus réduite, mais significative : sinfonias,
concertos, pièces pour clavecin…
Ces œuvres, pour la
plupart restées manuscrites, ne furent
réellement redécouvertes qu'au
20ème siècle (Debussy admirait
particulièrement la Passion selon Saint Jean), notons en l'originalité, la
noblesse et la puissance créatrice.
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