Wolfgang Sawallisch ( 1923 -- )
" En réalité,
les chefs d'orchestre ont peu d'importance. Après
tout, où serions-nous sans les compositeurs ?
Entendre la musique en soi, la créer, est bien autre
chose que l'interpréter. L'interprétation
reste au second plan. Ce n'est pas, et de loin, une
tâche aussi noble que celle du
compositeur. "
Dès sa plus tendre enfance,
Wolfgang Sawallisch s'intéresse à la musique.
Il découvre le piano à l'âge de 5 ans,
chez son grand-père : ses doigts y retrouvent
d'instinct les mélodies que lui chante sa
mère. Très tôt Hans Sachsse l'initie
à la composition et il poursuit ses études
pianistiques avec Wolfgang Ruoff. En 1947, il entre comme
répétiteur au Théâtre Municipal
d'Augsbourg et pendant 7 ans, il apprend son métier
de musicien jusqu'à devenir premier chef d'orchestre.
En 1949, il remporte au Concours international de
Genève, le 2ème Prix de sonate avec le violoniste Gerhard
Seitz. Il fait différentes apparitions comme chef
invité, notamment à la tête de
l'Orchestre Philharmonique de Berlin en 1952. De 1953
à 1958, il assurera la Direction
Générale de la Musique à
Aix-la-Chapelle et occupera à Wiesbaden (1958-60) et
à Cologne (1960-63) les mêmes fonctions.
Dès 1957, il devient chef invité permanent de
la Scala de Milan. En septembre 1960 il entreprend de vastes
tournées en Europe en tant que chef permanent de
l'Orchestre Symphonique de Vienne et en 1961, accepte la
direction musicale de l'Orchestre Philharmonique de
Hambourg. Doué d'une puissance de travail
considérable et d'une grande rigueur, Sawallisch
n'hésite pas à assumer en plus la fonction de
conseiller musical du Deutsche Oper à Berlin. Avec
l'Orchestre Symphonique de Vienne notamment, il va diriger
un peu partout dans le monde et participer à de
nombreux festivals.
Il va collaborer activement au
Festival de Bayreuth avec Wieland et Wolfgang Wagner
jusqu'en 1962 : il reste notamment des enregistrements
inoubliables réalisés sur le vif (par Philips)
de Tannhäuser et du Vaisseau fantôme. Son interprétation de la
Tétralogie à l'Opéra de Cologne en
1963-64 avec Wieland Wagner fut également vivement
remarquée.
Dès 1971, il est
nommé directeur musical dans sa ville natale,
à l'Opéra de Munich. Commence alors 22 ans de
collaboration étroite avec l'Orchestre qu'il
dirigera, se faisant une spécialité des
opéras de R. Strauss, Verdi ou Puccini, de plusieurs
grands Mozart, de tous les opéras de Wagner… Il en
dira : " Avec les
musiciens, j'avais atteint un point de perfection
inouï ". Il va
marquer son époque en y perpétuant la
tradition straussienne d'avant-guerre : depuis 1982, le
Festival Richard Strauss clôturera chacune de ses
saisons.
Le 29 juillet 1992, Wolfgang
Sawallisch, à l'issue d'une représentation et
d'un enregistrement des Maîtres chanteurs de Wagner, met fin à ses fonctions
de chef et de directeur général (depuis 1982)
de l'Opéra de Munich. Excédé par
" l'arrogance des
metteurs en scène ", il n'hésite pas à faire un
adieu définitif à l'opéra et à
se lancer dans le grand répertoire symphonique en
acceptant la succession de Riccardo Muti au poste de
directeur musical de l'Orchestre de Philadelphie. En 1994,
il entame sa première collaboration avec l'Orchestre
de Paris par un cycle consacré à Beethoven,
réparti sur 4 saisons.
Wolfgang Sawallisch trouve le temps
de graver une imposante discographie, dominée par ses
intégrales des symphonies de Schubert, Mendelssohn et
Schumann (référence des mélomanes),
ainsi que par ses enregistrements d'opéras de R.
Strauss, Wagner… On lui doit la publication, chez
Bärenreiter, d'une nouvelle édition
complète des œuvres de Schubert et la
révélation de sa musique religieuse. Il ne
perd jamais l'occasion de se mettre au piano pour
accompagner ses chers chanteurs (E. Schwarzkopf, M. Price,
D. Fischer-Dieskau..) et pratique la musique de chambre,
notamment avec les musiciens du Residenz Quintett de
Munich.
" Nous vivons à une
époque où les metteurs en scène ne
savent plus lire une partition. Comment
pourraient-ils travailler correctement ? "
Wolfgang Sawallisch
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