Sir Georg ( 1997 -- )
" Les gens croient
qu'il est facile de diriger, qu'il suffit d'agiter l'air
pour que naisse la musique. Ils n'imaginent pas à
quel point il faut travailler pour arriver à ce qu'on
peut appeler une
interprétation ".
Georg SOLTI
Georg SOLTI, un des plus grands
chefs d'orchestre du monde, commence à étudier
le piano à l'âge de six ans et se produit pour
la première fois en public à douze ans. Un an
après, fasciné par un concert dirigé
par Erich Kleiber, il se promet de devenir chef
d'orchestre.
Il entre en 1925 à la célèbre Académie Franz
Liszt de Budapest pour étudier la composition avec
Kodaly et le piano avec Dohnanyi et Bartok.
En 1930, il
est assistant à l'Opéra de Budapest puis chef
permanent entre 1934 et 1939.
Parallèlement il est nommé, au Festival de
Salzbourg, assistant de Bruno Walter en 1935, puis
de Toscanini en 1936 et 1937.
Cette rencontre sera déterminante pour SOLTI.
Mais la vague
d'antisémitisme en Hongrie l'oblige à fuir
Budapest car SOLTI est juif. En 1939, il se
réfugie en Suisse où il donne principalement
des concerts de piano.
Ce n'est qu'après les
hostilités que SOLTI commence réellement sa
carrière de chef lyrique. Entre 1947 et
1951, il est nommé directeur
général de la musique à Munich, puis
à Francfort de 1952
à 1961. Il
donne un nouvel essor au Covent Garden de Londres en
devenant son directeur musical entre 1961 et
1971. Il s'y forge une réputation
internationale en montant le premier enregistrement en
studio de la " Tétralogie " de Wagner.
1969 marque un tournant primordial dans sa
carrière. Il devient directeur musical de l'Orchestre
Symphonique de Chicago, poste qu'il conservera jusqu'en
1991. C'est le début de sa nouvelle
ère de chef d'orchestre symphonique. Sous sa
direction, cette formation devient l'un des orchestres les
plus célèbres du monde et le
" son Chicago " est synonyme de perfection.
En 1989, SOLTI confie d'ailleurs à Robert
Chesterman : " Si vous voyagez dans le monde, les gens disent maintenant de Chicago : " Ah, vous
avez un merveilleux orchestre symphonique ". Ils ne
disent plus : " Ah, c'est la ville d'Al Capone".
J'en suis très fier " .
Entre 1972 et 1975, SOLTI
est directeur de l'Orchestre de Paris et conseiller musical
à l'Opéra de Paris. De 1979 à 1983, il
devient directeur de l'Orchestre Philharmonique de Londres.
Entre 1990 et 1993, il
succède à son grand rival Herbert Von Karajan
comme directeur artistique du Festival de Pâques de
Salzbourg. En 1997,
toujours infatigable, il parcourt le monde à la
tête des plus grands orchestres et ouvre le Festival
Verdi de Covent Garden avec " Simon
Bocanegra ". Mais
il décède le 6
septembre 1997 sous le beau
soleil d'Antibes, la tête pleine de projets, en
rêvant de la " Passion selon Saint
Jean " de Bach
qu'il se réjouissait de diriger prochainement avec
l'Orchestre Philharmonique de Berlin.
" Une source de
lumière vient de s'éteindre, qui illuminait
mon approche des chefs-d'œuvre que nous travaillions
ensemble et m'enseignait l'humilité ". Renée Fleming.
Issu de la célèbre
lignée des grands chefs hongrois tels que Reiner,
Szell, Ormandy ou Fricsay, SOLTI est la figure de proue du
répertoire postromantique allemand et autrichien. Ses
interprétations de Beethoven, Brahms et Mahler, dont
il a enregistré l'intégrale des symphonies,
sont considérées comme d'illustres
références. Il dirige également avec
brio le répertoire du 20ème siècle, particulièrement Bartok, Schönberg et Kodaly. Il est le créateur
d'œuvres de Tippett, Xenakis, Amy et Liebermann. Sa
discographie est impressionnante et durant ses 42 ans de
collaboration avec Decca, il reçoit plus de
récompenses que tout autre autre
artiste :
" J'espère
n'avoir jamais rien fait de médiocre, c'est ma
principale inquiétude ". G. SOLTI
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