Régis Pasquier ( 1945 -- )
Dès son enfance, Régis fut bercé par la musique avec un grand-père, professeur de violon à Tours qui eut trois fils, tous musiciens, qui formèrent le célèbre Trio Pasquier. L'ainé des fils, Pierre, l'altiste du Trio eut lui même deux fils musiciens, Bruno, également altiste, ainsi que notre fameux Régis.
En 1958, alors âgé de douze ans, il remporte les premiers prix de violon et de musique de chambre au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris.
Il commence une carrière d'enfant prodige à partir de 1959 avec des récitals en Hollande, en Belgique et au Luxembourg.
En 1960, il effectue une première tournée aux Etats-Unis avec un concert mémorable à New York révélant notre jeune violoniste surdoué. Une année décisive durant laquelle il reçoit les encouragements d'Isaac Stern, de David Oïstrakh et la bénédiction de Zino Francescatti qui lui demandera plus tard d'enregistrer avec lui le « Double Concerto » de Bach.
Sa carrière se poursuit d'autant plus brillamment qu'il passe aisément de la situation d'enfant prodige à la carrière de violoniste adulte. A partir de 1967, il effectue régulièrement des tournées aux Etats-Unis et parcourt le monde avec les plus prestigieuses formations internationales ou les plus éminents solistes tels Isaac Stern, Jean Pierre Rampal et Yoyo Ma.
Il se consacre également à la musique de chambre en fondant, en 1972, le nouveau et second Trio Pasquier avec son frère, l'altiste Bruno Pasquier et le violoncelliste Roland Pidoux.
En 1976, il reçoit le prix Georges Enesco, suivi du Prix Charles Cros en 1988.
A partir de 1977, il devient violon solo de l'Orchestre National de France, poste qu'il conservera jusqu'en 1986.
En 1985, il est nommé professeur de violon et de musique de chambre au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, où il enseigne toujours actuellement. Son rôle de pédagogue n'empêche pas l'interprète de continuer à vivre une grande histoire d'amour avec son violon. Il parcourt le monde en soliste, se détachant des succès grisants de la musique symphonique.
L'année 1991 porte chance à Régis qui est consacré « Meilleur soliste de l'année » par les 6èmes Victoires de la Musique et obtient le Prix spécial de la Nouvelle Académie du disque. La même année, il est nommé Officier des Arts et des Lettres.
A partir de 1991, sa carrière discographique prend un nouvel essor et ses enregistrements se multiplient avec les « 24 Caprices » de Paganini, salués en 1991 par la critique. En 1993, l'édition des « Concertos » de Berg et de Bartok lui vaut un franc succès. En 1994, c'est le tour du premier volume de l'intégrale des « Concertos pour violon » de Mozart. Son enregistrement du « Concerto pour violon et orchestre » de Sibélius lui permet d'être finaliste aux Victoires de la Musique 1995. Il grave en 1997 les « Sonates pour violon et piano » de Beethoven avec Jean-Claude Pennetier. Et en 1998, diverses œuvres de Mozart avec l'Orchestre Philharmonique de Liège sous la direction de Pierre Bartholomée.
Artiste complet, Régis Pasquier refuse les cloisonnements et tient beaucoup à sa liberté, humaine et musicale. Son répertoire va des grands concertos classiques à la musique contemporaine avec Iannis Xenakis ou Gilbert Amy. Il pratique aussi le jazz.
Régis n'est pas un virtuose comme les autres. Il se plaît à échanger son archet contre une raquette de tennis, sport qui lui tient à cœur. Ou encore à échanger son superbe Stradivarius contre un Montagnana ! Enfin, grâce à lui, la dynastie des Pasquier n'est peut-être pas prête de s'éteindre avec ses filles Elsa et Mathilde, pianiste et violoniste. A quand le troisième Trio Pasquier ?
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