Kalevi Aho ( -- )
Né à Forssa, dans le sud de la Finlande, Kalevi AHO - un des compositeurs finlandais les plus en vue actuellement - étudia avec Einojuhani Rautavaara à l'Académie Sibelius d'Helsinki et avec Boris Blacher à Berlin. Il s'imposa dans son pays avec sa Symphonie n°l (1969), influencée par Chostakovitch et qui le fit saluer comme un successeur de Joonas Kokkonen et d'Aulis Sallinen, et par son Quatuor à cordes n°2 (1970). Il termina sa Symphonie n°2 (1970, révisée en 1995) avant même d'obtenir son diplôme de composition (1971, année de son Quatuor à cordes n°3. Les années 1970 furent dominées chez lui par la symphonie - la Quatrième, symbole de la "rupture" avec Chostakovitch, est de 1973, la violente et massive Cinquième (en un seul mouvement) de 1975-1976, la "moderniste" Sixième de 1979-1980 - et la musique de chambre, avec notamment un Quintette avec hautbois en 1973 et un Quintette avec basson en 1977. Les trois concertos qui suivirent - pour violon (1981), pour violoncelle (1983-1984) et pour piano (1988-1989) - sont de conception nettement symphonique, mais les rapports entre le soliste et l'orchestre sont chaque fois différents.
Kalevi AHO a enseigné la musicologie à l'Université d'Helsinki de 1974 à 1988 et la composition à l'Académie Sibelius de 1988 à 1993.
Depuis cette dernière date, une bourse de quinze ans de son gouvernement lui permet de se consacrer entièrement à la composition. Il est également, depuis 1992, compositeur en résidence auprès de l'Orchestre de Lahti, et a écrit pour cette phalange et son chef Osmo Vänskä la plupart de ses oeuvres orchestrales récentes, en particulier ses quatre dernières symphonies : la vaste et puissante Huitième (1993), pour orgue et orchestre et en un seul mouvement, la plus légère Neuvième (1993-1994), pour trombone et orchestre, la romantique Dixième (1996), dont l'idée lui vint lors d'une audition de la 39e symphonie de Mozart, et enfin la Onzième (1997-1998), pour percussionnistes et orchestre, créée le 10 mars 2000 au concert d'inauguration du nouveau Sibelius Hall de Lahti.
Son premier opéra, Avain (La Clé, 1978), est un monologue dramatique pour baryton soliste et orchestre de chambre évoquant l'aliénation des habitants des grandes métropoles d'aujourd'hui. Le second, Hyönteiselämää (Vie d'insectes, 1985-1987), d'après la pièce satirique de Josef et Karel Capek, fut entrepris dans le cadre d'un concours organisé dans la perspective du 350e anniversaire de la ville de Savonlinna. C'est finalement Le Couteau de Paavo Heininen qui fut donné au festival de Savonlinna de 1989. L'opéra de Kalevi AHO ne fut représenté quant à lui que le 27 septembre 1996 à Helsinki. Dès 1988 cependant, le compositeur utilisa son matériau musical pour une nouvelle symphonie, la Septième : cela alors que huit ans auparavant, après la Sixième il avait décidé d'abandonner le genre.
La Symphonie des Insectes est une oeuvre à programme que d'aucuns ont décrite comme "une anti-symphonie tragi-comique, post-moderne". Elle est basée sur certaines scènes de l'opéra, mais ne fait pas usage de la voix, et l'ordre de ses six mouvements, de plus en plus contrastés quant aux styles et aux types de musique, diffère de celui des scènes correspondantes de l'opéra. Le héros, dans l'opéra, est le seul personnage humain. Sorte de clochard, il entre en scène dans un état avancé d'ébriété et suit l'agitation d'un fourmillement d'insectes. Etant donné son ivresse, ces insectes prennent pour lui forme humaine, il commence à les comparer à certaines gens et conclut que la vie des hommes est semblable à celle des insectes. Pour Kalevi Aho, "les insectes sont privés dans l'opéra de tout sentiment authentique, ils échangent la réalité contre quelque chose qui lui ressemble". De même, il voit dans sa Septième Symphonie "une image musicale satirique de la société compartimentée, éphémère, dans laquelle nous vivons. […] La musique s'égare constamment, chaque mouvement commence sur un nouveau point de départ. […] De tous les styles rencontrés, lequel - s'il y en a un - pourrait représenter le futur ?"
Biographie (2000) : Marc VIGNAL
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