Keith Jarrett ( 1945 -- )
« J'espère un miracle à chaque fois que je me mets au piano »
Très précoce, Keith JARRETT apprend le piano à l'âge de trois ans et donne son premier concert dès sept ans. Il refuse une bourse d'études à Paris avec Nadia Boulanger et entre comme étudiant boursier à la Berklee School of Music de Boston en 1960. Puis il s'installe à New York et enregistre son premier album avec Art Blakey.
Il entre dans le célèbre quartette du saxophoniste Charles Lloyd, devient une star du piano et se produit dans le monde entier (Antibes, 1966). En 1968, il crée son premier grand trio avec le bassiste Charlie Haden et le batteur Paul Motian. Sa renommée est alors mondiale.
Dans les années 1970-71, il collabore avec Miles Davis. A partir de 1972, Dewey Redman rejoint son trio et Keith se retrouve à la tête de son premier quartette.
Il s'associe en 1974 à Jan Garbarek et tous deux constituent un quartette européen avec Palle Danielsson et Jon Christensen. Ce quartette jouit d'une renommée internationale et Keith devient un objet de culte pour amoureux du jazz.
Parallèlement, il entame une carrière de soliste dans un répertoire plus classique et interprète le « Concerto pour piano n° 2 » de Bela Bartok.
« Je n'ai pas de compositeur préféré mais si je devais en choisir un, ce serait incontestablement Bach ». En 1988, Keith JARRETT enregistre le « Clavier bien tempéré » et en 1989 les « Variations Goldberg » de Jean Sébastien Bach. Puis il s'attaque en 1992 aux « Préludes et Fugues » de Dimitri Chostakovitch. En 1997, il enregistre 3 Concertos de Mozart.
Jazzman ou musicien classique : « Je suis essentiellement un improvisateur… L'improvisation pour moi n'existe que quand le musicien est conscient de son propre flux intérieur et c'est très rare».
La carrière discographique de Keith Jarrett reste aussi légendaire que ses concerts avec son triple album « Solo Concerts » en 1973, qualifié par la Stereo Review de « meilleur album de jazz depuis 20 ans » , « Köln Concert» en 1975, qui s'arrache à 500 000 exemplaires, « Celestial Hawk » en 1980, « Standards » en 1983 , « Dark intervals » en 1987 et « Whisper not », enregistré en juillet 1999 lors de son passage au Palais des Congrès.
Le 11 octobre 2000, France Musique consacre un journée spéciale à Keith Jarrett.
« On ne doit pas jouer avec la musique mais jouer de la musique… La musique a une valeur essentielle, presque nutritive ». Musicien complet, Keith JARRETT a exploré avec passion divers domaines musicaux allant du gospel à l'avant garde. Il a su prolonger la belle tradition du piano jazz sans céder à la tentation électronique. Perfectionniste, exigeant, on l'a traité de « Marguerite Duras des touches blanches et noires », de musicien ombrageux ou capricieux.
« Un véritable artiste est un artiste qui a conscience de l'impossibilité de sa tâche et qui continue de l'exécuter. Quelqu'un qui escalade ses montagnes personnelles. Il faut être sans pitié à l'égard de soi même ».
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