Henry Barraud ( -- )
"Pendant plus d'un
quart de siècle, Henry BARRAUD a
présidé à l'ORTF aux destinées
de la musique et a volontairement oublié sa propre
musique pour programmer celle des autres. Il a donné
son éclat à la radio en veillant très
minutieusement aux programmes et à leur
réalisation".
Roger Calmel
Henry BARRAUD
étudie la technique musicale avec le professeur
bordelais Fernand Vaubourgoin, puis en 1926, entre au
Conservatoire de Paris. Ses professeurs sont Louis Aubert
(orchestration), Paul Dukas (composition) et Georges
Caussade (contrepoint et fugue). Florent Schmitt l'encourage
dans ce métier. Durant ces années
d'apprentissage, BARRAUD fait divers métiers pour
vivre, notamment celui d'Inspecteur à la
Société des Auteurs.
1928 Premières compositions avec
Chanson
villageoise et
La Ronde des
trois filles vaniteuses.
1931 Henry BARRAUD fait jouer, avec
succès, Finale par
l'Orchestre Symphonique de Paris, suivi en 1932 de
Poème pour grand
orchestre sous la direction
de Pierre Monteux.
1933 Le compositeur est chargé de
l'organisation des manifestations musicales à la
Direction des Beaux-Arts et, par ailleurs, dirige avec Jean
Rivier les Concerts de la Société de Musique
Contemporaine " Le Triton ".
1937 Henry Barraud monte des spectacles
d'opéra-comique à l'Exposition Internationale
et tient une rubrique de critique dans le quotidien " Le
Journal ".
1944-48 Il est directeur des programmes musicaux
de la RTF, puis directeur de l'ORTF de 1948 à
1966.
1947 Henry BARRAUD fonde la Maîtrise de
Radio France avec les Frères Planel (Jean et Robert)
et Marcel Couraud.
1969 Il reçoit le Grand Prix National
de la Musique.
Durant toutes ces
années, Henry BARRAUD ne cesse de composer des
œuvres, avec entre autres, un Concerto pour piano et
orchestre (1939), un ballet
La Kermesse
(1943), Le Testament de
François Villon
(1945), Numance,
tragédie lyrique dont il a tiré une
Symphonie de Numance
(1952). Par la suite, il
écrit notamment, un Te Deum
pour chœur et 16 instruments (1955), une Symhonie n° 3 (1956), un opéra bouffe
Lavinia (1958), un opéra de chambre
Le Roi
Gordogane (1974-75), ou
encore une musique de scène pour Alceste
(1977).
Henry BARRAUD, le
compositeur, a abordé des sujets ambitieux, et a su
se montrer à leur hauteur avec, par exemple,
l'oratorio Le Mystère
des saints Innocents
d'après Péguy en 1946, et en 1972
La Divine
Comédie
d'après Dante.
Sa musique est noble et
rigoureuse, capable pourtant d'émotion
immédiate. Sa curiosité pour tous les styles
ne l'a pas empêché de développer une
écriture très homogène et
caractéristique. Une savante polyphonie, ne reculant
pas devant la dissonance, le place sans aucun doute dans la
descendance de Roussel.
Henry BARRAUD, l'homme
de radio, a été l'un des tout premiers
musiciens à comprendre l'importance de la radio dans
la diffusion de la musique. Il invita de nombreux jeunes
compositeurs d'Henri Dutilleux à Charles Chaynes en
passant par Boulez et Xenakis. Lui même, participa
comme producteur à nombre d'émissions
radiophoniques où il devait se révéler
un " vulgarisateur " hors pair. Il savait, en effet,
apprendre sans ennuyer son auditoire, son émission, "
Regards sur la musique ", était l'une des plus
écoutées des mélomanes.
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