Jacques Ibert ( 1890 -- 1962 )
" La musique d'Ibert
est claire, nette, sensible avec parfois une pointe d'humour
et toujours parfaite de proportion. "
: Darius Milhaud
Bien qu'ayant été
très tôt attiré par la musique et ayant
bénéficié des conseils d'une
mère excellente pianiste, Ibert, pour complaire
à son père, fit un court séjour dans
l'entreprise familiale avant d'entrer à vingt ans au
Conservatoire, où il suivit les cours de Pessard
(harmonie), Gédalge (contrepoint) et Vidal
(composition).
1919 Après avoir servi dans la marine
pendant la guerre, il remporte le premier grand prix de Rome
pour sa cantate Le
poète et la fée. Pendant son séjour à Rome,
il compose la suite symphonique Escales,
inspirée par une croisière
méditerranéenne effectuée durant son
service dans la marine. Dès lors, il ne cesse de
composer, et dans tous les domaines, plutôt du
côté du divertissement :
1921 Persée et
Andromède
(opéra), Histoires
pour piano, Le jardinier de Samos,
musique de scène
(1924) et son
Concerto pour
violoncelle (1925), qui
dialogue avec les seuls vents.
1926-27 Succès d'Angélique, farce, et collaboration au ballet
L'éventail de
Jeanne.
1928-30 Il se tourne vers le genre " léger
" avec l'opéra comique le Roi d'Yvetot, l'opéra bouffe Gonzague,
le Divertissement pour
orchestre de chambre
(d'après Un
chapeau de paille
d'Italie), Paris, suite symphonique d'après Donogoo de
Jules Romains et Trois
pièces brèves pour quintette à vent
qui témoignent de
son goût pour ces instruments.
1933-35 Ibert compose 2 ballets, Diane de Poitiers et le
Chevalier errant, un
concerto pour flûte et
orchestre, Cinq pièces en trio pour hautbois,
clarinette, basson et
son Concertino da camera
pour saxophone alto et 11 instruments.
1936-39 Il est nommé directeur de la Villa
Médicis et compose avec Honegger l'opérette
Les petites
Cardinal, l'Aiglon
(opéra), et des œuvres de musique de chambre :
Quatuor à
cordes, Capriccio pour 10
instruments.
1940-46 Suite
élisabéthaine
(tirée de la musique de scène pour
Le songe
d'une nuit d'été), les
Amours de Jupiter
(ballet).
1946-60 Il reprend la direction de la Villa
Médicis, qu'il avait laissée entre 1940 et
1946, devient en 1955 directeur de l'Union des
théâtres lyriques nationaux et en 1956 est
élu à l'Académie des beaux-arts. Il
compose un autre ballet Le
triomphe de la pureté (1950) et une œuvre qu'avec son quatuor il
a " le plus longuement méditée ", la
Symphonie concertante pour
hautbois et orchestre à cordes. Parmi ses dernières œuvres pour
orchestre, on peut citer Louisville Concert et Hommage
à Mozart.
Attiré par le cinéma
depuis ses improvisations pianistiques au temps du " muet ",
Ibert a signé plus de 60 partitions
cinématographiques (4
Chansons de Don
Quichotte pour basse et
orchestre, par
exemple).
Ibert a pendant toute sa vie
admiré les anciens compositeurs tels Mozart,
Scarlatti, Couperin, Rameau et les modernes tels Chabrier,
Bizet, Debussy, Ravel, Stravinski, Roussel... Ainsi dans sa
musique s'épanouit une certaine tradition de l'art
français où la fantaisie côtoie l'humour
et l'esprit et où les harmonies opulentes se
mêlent à une instrumentation
colorée.
La distinction, le raffinement
d'Ibert cachent un métier d'une impeccable
sûreté.
BIBLIOGRAPHIE
MICHEL Gérard : Jacques
Ibert, éd Seghers
Catalogue des œuvres de Jacques
Ibert, éd Olms (en allemand)
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